jeudi 12 août 2010

Les trésors du Rouget




Dans le cadre d'un stage avec le « groupe espoir FFCAM 13 » nous avions le projet avec Nicolas et Laure de gravir la voie Mitchka en face sud de la Meije en prenant notre temps, en deux jours. C'était l'occasion de répéter cette apparemment très belle voie, de faire un bivouac au Glacier Carré et d'apprendre à hisser un sac.
Malheureusement la météo est plus mauvaise que prévu le jour ou nous montons au refuge du promontoire. Alors que les précipitations devaient cesser, elles augmentent. Nous décidons de stopper au refuge du Châtelleret et d'aviser le lendemain. Le matin, le temps s'est amélioré mais nous hallucinons à la vue de la face, elle est complètement plâtrée.



Changement de programme, nous descendons grimper une petite voie de 200m en vallée puis décidons de gravir le lendemain en une grande journée le « pilier de la sérénité + Girod » à la face sud du Rouget. Comme d'habitude dans ce secteur le rocher est vraiment excellent, Mr Chapoutot l'ouvreur principal de cette face sud avait vraiment bon goût. 



Cette voie nous auras permis de faire du vrai terrain d'aventure car les pitons en place sont rares. Du sommet nous apercevons la face sud de la Meije encore toute dégoulinante. La descente jusqu'à la voiture via la voie des plaques est longue, mais Nico et Laure sont en forme. Un grand bravo et merci à eux.





lundi 2 août 2010

Milieu de saison





 Tous les jours je guide des clients sur les cîmes ou parois, pourtant les journées se suivent mais ne se ressemblent pas. La météo aura vraiment été très bonne ce mois de juillet et les courses se sont enchainées le plus souvent dans un ciel limpide. 



Avec la saison qui s'avance, la montagne a tendance à s'assécher et le choix des courses devient plus rocheux que neigeux. C'est loin de me déplaire : les réveils sont globalement plus tardifs et l'escalade me manquait. Granit, calcaire, quartzite ou gneiss... facile ou difficile... peu m'importe, c'est que du bonheur.


 Un grand merci à tous mes clients pour ces journées passées en votre compagnie. 



dimanche 11 juillet 2010

Mont Blanc - Traversée royale

Il suffit de jeter un oeil sur la carte du massif du Mt Blanc pour se rendre compte que l'ossature orographique autorise toutes sortes de combinaisons. Un cheminement saute aux yeux : celui qui consiste à enchainer le fabuleux parcours d'arêtes en traversant les Dômes de Miages, l'Aiguille de Bionnassay, pour finir au sommet du Mont Blanc.



Cette longue chevauchée d'arêtes, connue sous le nom de « traversée royale » était le rêve de Philippe et il vient de le réaliser à mes cotés. Une météo parfaite et des conditions de gel nocturne suffisantes nous ont permis de mener à bien cette grandiose course où l'altitude, l'espace et la lumière ont été nos compagnons durant trois journées. Une ascension où nous avons eu le sentiment d'évoluer entre terre et ciel, à la frontière entre deux mondes : celui de la vallée aux sombres verdures en bas, et l'autre, celui des séracs bleutés et des corniches de neige scintillantes.



Philippe a bien supporté l'altitude et n'a pas faibli dans la longue journée entre le refuge Durier et le sommet du toit de l'Europe. Un grand bravo Philippe, tu m'as réellement impressionné !

vendredi 2 juillet 2010

Mont Blanc - Innominata intégrale



Ca y-est, me voilà de plein pied dans ma saison d'été. Ces derniers jours j'étais dans le massif du Mont Blanc, d'abord avec Nathanaël avec qui nous avons gravit le toit de l'Europe par la voie normale. Un grand bravo et merci à toi Nath pour ton efficacité et ton agréable compagnie.





Le jour même Jean-Paul me rejoint et nous montons à Torino afin de commencer son acclimatation et gravir la Dent du Géant le lendemain.



La météo est bonne, alors nous en profitons pour allez gravir le Mont Blanc par l'une des plus belles manières qui soit : l'arête de l'Innominatta intégrale. Ce fabuleux parcours commence au Col de l'Innominata pour finir à 4807m via le bivouac Eccles.


Si les difficultés techniques sont modérées, il s'agit bel et bien d'une grande course où pendant deux jours d'escalade, l'impression de sauvagerie et de solitude seront renforcé par le fait que nous sommes la première cordée de la saison. La montagne est très enneigée, les corniches nombreuses et aériennes, la trace à faire parfois pénible. Coincé entre les majestueux piliers du Freney à l'Est et ceux du Brouillard à l'Ouest, la beauté de l'itinéraire est à couper le souffle (dans les deux sens du terme !).



Dans ma présentation des grandes courses, j'explique que plus qu'un très haut niveau technique, elles demandent des qualités de montagnard tout terrain et une excellente condition physique. Jean Paul aura pu goûter toute la valeur de ces mots, mais il a été solide et à la hauteur de l'itinéraire. Un grand bravo et merci, tu peux rejoindre la Bretagne la tête haute et remplie du bonheur que l'on découvre dans les yeux de ceux qui descendent de là haut ! 


mercredi 26 mai 2010

Vacances à Kalymnos

Ce printemps a été bien pourri en ce qui concerne la météo dans les Hautes Alpes. Pour échapper aux dépressions qui se succèdent, j'ai décidé de partir grimper à Kalymnos. Lise m'accompagne et nous rejoignons là bas mon ami suisse Simon ainsi que d'autres grimpeurs de Zermatt.


Je n'étais encore jamais allé grimper sur cette île malgré les récits enthousiastes de tous ceux qui m'avait précédé. J'ai toujours eu peur d'être déçu par une escalade et une communauté de grimpeurs stéréotypé. Je me méfie aussi souvent des climats chaud et en bord de mer, m'accommodant fort mal de la chaleur humide quand je grimpe ! 



En fait, je dois bien avouer que je comprends le succès de ce lieu : des escalades hors normes, une vie facile et peu onéreuse, les joies de la mer, du choix pour tout les niveaux, et aussi quand même des cotations très bon marché dans certains secteurs. (Ici certains 8a ont la saveur du 7b !)
Du coup il serait facile de croire que l'on a fait des performances, et focaliser sur les chiffres plutôt que sur la beauté des itinéraires en rentrant à la maison. Bref grimper ici, c'est bon pour l'égo et ça fait marcher le tourisme !

Je n'ai pas ressentie à Kalymnos, l'énergie qui se dégage de certaines falaises telles que Céüze, Buoux, le Verdon... Une énergie et une histoire qui transpire et qui donne envie de donner le meilleur de soi même, d'être à la hauteur du site.
Malgré tout, je me suis vraiment régalé à grimper là bas et le conseille à tous ceux qui ont envie de vacances et d'escalade paisible à partager en famille ou entre amis de niveaux hétérogènes. Kalymnos c'est top.



Ps : un petit coup de gueule à tous ceux qui utilisent la magnésie, mais jamais la brosse pour nettoyer. Si vous aimez l'escalade, entretenez votre terrain de jeux. L'état de certaines voies est déplorable.